Aide à domicile : nouveau veto de l’État, la branche contre-attaque avec deux avenants salariaux

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Résumé de l'article : Le ministère de la Santé oppose pour la troisième fois depuis 2025 son veto à un projet d’augmentation des rémunérations dans la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile. Face au blocage, les partenaires sociaux élaborent deux nouveaux avenants salariaux soumis à la signature. L’article détaille les tensions entre l’État, les départements et les acteurs de la branche, ainsi que les enjeux de revalorisation des métiers de l’aide à domicile dans un contexte de fortes difficultés de recrutement.

Un troisième refus de l’État qui crispe la branche

Le ministère de la Santé a de nouveau retoqué un projet de revalorisation salariale dans la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile. Après plusieurs refus depuis 2025, ce nouveau veto porte un coup supplémentaire à des salariés déjà confrontés à des rémunérations faibles et à des difficultés persistantes de recrutement. Le texte rejeté, négocié à l’automne 2025, devait relever de 11 points les coefficients de la grille salariale, soit un gain d’un peu plus de 63 euros brut par mois pour environ 192 000 professionnels.

Selon les informations disponibles, l’agrément ministériel a été refusé une nouvelle fois en mars 2026, après des précédents blocages en 2025 et début 2026. Dans cette branche associative, les accords salariaux ne s’appliquent pas automatiquement : ils doivent être agréés par l’État pour entrer en vigueur. Ce mécanisme place donc la politique salariale sous forte contrainte budgétaire et politique.

Deux nouveaux avenants pour sortir de l’impasse

Réunis en commission paritaire, les partenaires sociaux ont décidé de déposer deux nouveaux avenants ouverts à la signature. Le premier, consacré aux rémunérations, reprend l’essentiel du dispositif refusé par l’État. Le second porte sur les frais kilométriques, un sujet central pour les intervenants qui enchaînent de nombreux déplacements quotidiens entre domiciles. L’objectif est clair : tenter d’obtenir un compromis rapidement applicable, tout en évitant que la situation ne se dégrade davantage pour les structures employeuses.

La suite du dossier montre que le bras de fer n’était pas seulement salarial. En mai 2026, l’État a finalement agréé l’avenant 75, qui revalorise tous les coefficients de 11 points, ainsi qu’un avenant sur les indemnités kilométriques fixées à 0,40 euro par kilomètre. Cette issue tardive confirme que la branche a dû multiplier les versions pour obtenir un feu vert administratif, au prix de mois d’incertitude pour les employeurs comme pour les salariés.

Des enjeux majeurs pour le maintien à domicile

Pour les acteurs du secteur, l’enjeu dépasse la seule fiche de paie. Les fédérations d’aide à domicile alertent depuis des mois sur l’attractivité dégradée des métiers, le vieillissement des équipes et la difficulté à couvrir les besoins croissants liés au maintien à domicile. Les départements, eux, soulignent la tension sur les finances publiques, tandis que l’État cherche à contenir l’effet budgétaire des hausses de rémunération.

Dans ce contexte, la revalorisation des métiers apparaît pourtant indispensable pour préserver la qualité de l’accompagnement à domicile, éviter des ruptures de prise en charge et limiter le recours à l’hébergement en établissement. Sans amélioration durable des salaires et des conditions de travail, le maintien à domicile restera fragilisé, alors même qu’il répond à une attente forte des personnes âgées et de leurs proches.


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