Un cadre tarifaire jugé déjà dépassé
La Fédésap demande une révision immédiate des prix applicables aux services autonomie à domicile, estimant que la hausse du SMIC et l’enchaînement des revalorisations salariales rendent le cadre actuel insuffisant pour couvrir les coûts réels des structures. Pour 2026, les prix des prestations d’aide et d’accompagnement à domicile des services autonomie à domicile non habilités à intervenir auprès de bénéficiaires de l’aide sociale ne peuvent pas augmenter de plus de 2 % par rapport à 2025, selon l’arrêté ministériel en vigueur. Ce plafond est présenté comme un compromis entre équilibre économique des opérateurs et soutenabilité pour les usagers, mais il est jugé trop faible par les fédérations du secteur.
La Fédésap alerte sur un décalage entre coûts et financements
Dans sa ligne de défense des acteurs du domicile, la Fédésap soutient que l’indexation annuelle ne suit pas suffisamment la réalité des charges, en particulier la masse salariale, très sensible aux évolutions du salaire minimum. Les organisations professionnelles rappellent depuis plusieurs années que le calcul des tarifs repose sur des données connues en fin d’année, sans vision prospective, alors que les revalorisations du SMIC, l’inflation et les obligations réglementaires continuent de progresser en cours d’exercice. Cette mécanique crée, selon elles, un risque de sous-financement structurel pour les services, déjà fragilisés par des marges limitées et une concurrence accrue sur le recrutement des auxiliaires de vie.
Le sujet est d’autant plus sensible que les services autonomie à domicile occupent une place centrale dans le maintien à domicile des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Pour les employeurs du secteur, l’enjeu n’est pas seulement budgétaire : il touche aussi à la qualité de vie des bénéficiaires, à la continuité des interventions et à la fidélisation des professionnels, dans un contexte où les tensions de recrutement restent élevées.
Un appel à sécuriser durablement le modèle du domicile
La fédération appelle donc à une révision immédiate des prix afin d’éviter que la hausse du coût du travail ne se traduise par des heures non couvertes, des reports d’intervention ou une dégradation de la qualité du service. Elle plaide pour une règle plus réactive, capable d’intégrer en cours d’année les hausses de charges lorsqu’elles dépassent les hypothèses retenues au moment de la fixation tarifaire. Cette demande s’inscrit dans un débat plus large sur le financement du secteur du domicile, alors que les pouvoirs publics cherchent à consolider une offre capable de répondre au vieillissement de la population sans basculer vers des solutions plus institutionnelles.
En toile de fond, les acteurs du secteur défendent une logique simple : si le maintien à domicile doit rester une alternative crédible à l’EHPAD, il doit être financé à son juste coût. Sans ajustement plus rapide des tarifs, préviennent-ils, le risque est de fragiliser des services pourtant essentiels à l’autonomie des personnes et à la stabilité de l’emploi dans l’aide à domicile.