Un rappel désormais inscrit dans le calendrier des plus fragiles
Depuis le 20 avril et jusqu’au 30 juin 2026, la France organise une nouvelle campagne de renouvellement vaccinal de printemps contre le Covid-19, ciblée sur les personnes les plus à risque de formes graves. Les autorités sanitaires reprennent le schéma désormais installé depuis 2024 : une dose à l’automne, couplée à la grippe, puis un rappel au printemps pour couvrir la période estivale, marquée les années précédentes par une circulation soutenue du virus.
Les publics concernés sont clairement définis : les personnes âgées de 80 ans et plus vivant à domicile, les personnes immunodéprimées quel que soit leur âge, les résidents en Ehpad et en unités de soins de longue durée (USLD), ainsi que toute personne considérée comme à très haut risque dans le cadre d’une décision médicale partagée. Un délai minimal de 6 mois après la dernière infection ou injection est requis, ramené à 3 mois pour les plus fragiles.
Domicile : un enjeu majeur de repérage et d’accès au vaccin
Pour les personnes âgées vivant à domicile, la campagne repose sur un réseau large de professionnels : médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes, chirurgiens-dentistes et services hospitaliers peuvent administrer ce rappel. La dose de printemps est gratuite, prise en charge à 100 % sans avance de frais, sans nécessité d’ordonnance pour les publics ciblés.
Pourtant, les premiers retours de terrain confirment une difficulté récurrente : une large part des plus de 80 ans à domicile n’est pas à jour de vaccination avant l’été. Des estimations publiées ces dernières années montraient déjà qu’environ 9 octogénaires sur 10 pouvaient se retrouver sans protection optimale à l’approche de la période estivale, faute de rappel printanier. Le risque est double : une vulnérabilité médicale accrue, mais aussi un renforcement de la pression sur les services hospitaliers en cas de reprise épidémique.
Pour les agences d’auxiliaires de vie, cette campagne met en lumière un rôle stratégique : repérer les personnes éligibles, les informer sur les délais (3 ou 6 mois), organiser les rendez-vous avec les professionnels habilités, voire accompagner physiquement les déplacements en pharmacie ou en cabinet. La recommandation officielle intègre d’ailleurs l’entourage et les aidants, professionnels compris, parmi les publics dont la vaccination est encouragée pour mieux protéger les personnes fragiles. Cette approche renforce le maintien à domicile en limitant les formes graves et les hospitalisations évitables.
En Ehpad : une logistique structurée, mais un enjeu d’adhésion
En Ehpad et en USLD, la campagne de printemps 2026 est organisée directement au sein des établissements, avec vaccination sur place pour les résidents, quel que soit leur âge. Le schéma est simple : une dose de vaccin Comirnaty Pfizer, administrée dans le respect du délai de 6 mois (ou 3 mois pour les plus à risque). Les pharmacies d’officine bénéficient d’une rémunération forfaitaire de 70 € pour la dispensation des vaccins livrés à l’Ehpad, prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie via un code spécifique. Cette rémunération structure l’offre, sécurise l’approvisionnement et garantit, en théorie, la disponibilité des doses.
Reste l’enjeu de l’adhésion des résidents et de leurs familles. Les autorités de santé insistent sur la nécessité de maintenir une immunité suffisante, la protection diminuant plus rapidement chez les personnes âgées et immunodéprimées. Dans ce contexte, les équipes soignantes des établissements jouent un rôle clé de pédagogie, tandis que le secteur de l’aide à domicile doit veiller à ce que le choix du domicile ne se traduise pas par un moindre accès au rappel de printemps.
En pratique, la campagne 2026 confirme l’ancrage d’un rythme vaccinal biannuel pour les plus fragiles, avec un objectif clair : réduire les formes graves, soutenir le maintien à domicile et éviter des tensions hospitalières répétées. Pour les acteurs du domicile comme pour les Ehpad, la réussite de ce rappel de printemps se jouera autant sur l’organisation que sur la capacité à convaincre.