Un front commun FEDEPSAD–UPSADI face au PLFSS 2026
Réunis récemment lors d’un plateau télé intersyndical consacré aux prestataires de services et distributeurs de dispositifs médicaux à domicile (PSAD), la FEDEPSAD et l’UPSADI ont publiquement exprimé leurs inquiétudes autour des négociations du PLFSS 2026. Au cœur des échanges : les baisses tarifaires envisagées sur les dispositifs médicaux à domicile et les prestations associées, dans un contexte où les PSAD sont déjà fragilisés par une succession de mesures de régulation des dépenses et de décotes techniques sur les actes et forfaits.
Alors que la loi de financement de la sécurité sociale 2026 a été adoptée fin 2025, le débat se déplace désormais sur sa mise en œuvre concrète et sur les arbitrages tarifaires qui impacteront directement la chaîne des soins à domicile. Les représentants syndicaux dénoncent une logique de « coup de rabot » permanent sur les tarifs, qui touche successivement l’imagerie, la télésurveillance, certains dispositifs médicaux et, demain, les prestations de santé à domicile. En toile de fond, la crainte d’un désinvestissement structurel dans la santé de proximité, au profit d’un modèle hospitalo-centré.
Inquiétudes tarifaires et demande de geste sur le carburant
Sur le plateau, les responsables de fédérations ont pointé l’impact cumulé des baisses de tarifs et de la hausse des coûts d’exploitation, en particulier le poste carburant. Pour les PSAD, dont l’activité repose sur des tournées très étendues et une forte présence au domicile, la flambée durable des prix à la pompe dégrade les marges et menace la viabilité de certaines structures, notamment dans les zones rurales et périurbaines.
Les organisations réclament un « geste immédiat » des pouvoirs publics sur le carburant pour les prestataires intervenant à domicile : mécanisme de compensation, ristournes ciblées ou dispositifs fiscaux permettant d’alléger le coût des déplacements professionnels. À leurs yeux, cette mesure n’est pas un avantage sectoriel mais une condition de maintien d’un réseau dense de PSAD sur l’ensemble du territoire, capable de répondre aux prescriptions et de garantir des soins à domicile de qualité.
Accès aux soins à domicile et risque de bascule vers l’EHPAD
Le message des syndicats est clair : si les baisses tarifaires se confirment sans contrepartie ni revalorisation ciblée, certains prestataires devront réduire leur couverture territoriale, renoncer à des prises en charge complexes ou se retirer des zones peu rentables. Le risque évoqué sur le plateau est celui d’une rupture d’égalité d’accès aux soins à domicile, avec des « déserts de PSAD » venant s’ajouter aux déserts médicaux.
Pour les agences d’auxiliaires de vie et les prestataires d’aide et de soins à domicile, cette évolution aurait un effet domino : moins de dispositifs médicaux installés, suivis et entretenus à domicile signifie davantage de recours à l’hospitalisation ou à l’EHPAD, à rebours de l’objectif affiché de maintien à domicile des personnes âgées et des malades chroniques. Les représentants PSAD insistent donc sur une ligne rouge : la régulation budgétaire ne doit pas se traduire par une dégradation de la qualité de vie des patients à domicile ni par un transfert forcé vers les établissements.
Dans cette perspective, les fédérations appellent à une concertation approfondie avec les ministères et l’Assurance maladie avant tout nouveau cycle de décotes. Elles rappellent que les PSAD constituent un maillon essentiel de la chaîne du soin – au même titre que les auxiliaires de vie et les services d’aide – et demandent que le PLFSS 2026 intègre, au-delà des économies, une véritable stratégie de soutien au domicile comme « lieu de soin ».