« Maisons France Autonomie » : les départements demandent des actes concrets plutôt que du cosmétique
Depuis l’annonce de la ministre Camille Galliard-Minier le 25 avril 2026 concernant le rebaptisage des Ehpad en « Maisons France Autonomie », les réactions se multiplient. Loin de faire l’unanimité, cette initiative gouvernementale suscite des critiques virulentes de la part des départements et des professionnels du secteur.
Le président de Départements de France (DF), François Sauvadet, a exprimé son désaccord dans un communiqué du 28 avril 2026, qualifiant cette opération d' »insultante » pour les collectivités territoriales. Au-delà du ton, c’est la méthode qui pose problème : le gouvernement n’aurait pas consulté les départements avant cette annonce, renforçant une approche descendante critiquée depuis longtemps.
Olivier Richefou, président du groupe de travail « Grand âge » de DF, reconnaît que changer le nom pourrait contribuer à améliorer l’image des établissements, mais il insiste sur un point fondamental : « changer les mots ne suffit pas à changer la réalité ». Cette transformation n’adresserait en rien les enjeux structurels de gouvernance et de financement, ni n’effacerait les « renoncements successifs aux plans ‘grand âge’ annoncés ces dernières années ».
Les questions concrètes restent sans réponse. Si « Maisons France Autonomie » devient un label d’ici 2027, quels seront les standards de qualité exigés ? Quels moyens financiers et humains seront mobilisés ? Quelles garanties pour les résidents et les professionnels ? Ces interrogations légitimes reflètent les préoccupations du secteur face aux défis réels : inflation galopante, hausse des coûts d’exploitation et besoin urgent de revalorisation salariale.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été majoritairement dubitatives. Certains pointent un risque de confusion avec les « résidences autonomie » qui accueillent des personnes majoritairement autonomes, tandis que les Ehpad actuels, médicalisés, prennent en charge des personnes âgées dépendantes. D’autres soulignent que le simple changement de dénomination engendrera des coûts non négligeables : nouveaux logos, sites web, plaquettes et enseignes.
Face au vieillissement de la population française et au constat que 90 % des Français souhaitent vieillir à domicile, le gouvernement justifie cette initiative par la volonté de créer « des lieux où l’on a envie de vivre et de travailler ». Cependant, les départements appellent à des « mesures fortes, concrètes et durables », prêts à s’engager dans une relation fondée sur « la confiance, le respect et la coopération avec l’État ».
L’enjeu dépasse la sémantique : il s’agit de transformer véritablement l’offre de maintien à domicile et d’hébergement pour les personnes âgées, en privilégiant une approche intégrée et financièrement viable.