Un dispositif prolongé jusqu’au 30 septembre
Le gouvernement a décidé de prolonger jusqu’au 30 septembre 2026 le guichet de l’indemnité carburant de 100 € destinée aux travailleurs dits « grands rouleurs », c’est‑à‑dire ceux qui utilisent leur véhicule personnel pour des trajets domicile‑travail importants ou pour une activité professionnelle très mobile. Cette mesure, instaurée face à la flambée persistante des prix à la pompe – souvent autour de 2 €/litre pour le gazole – devait initialement s’arrêter au 31 août.
Concrètement, l’aide de 100 € est versée une seule fois par véhicule et par bénéficiaire, et s’adresse aux salariés comme aux indépendants, à condition de disposer d’un véhicule thermique ou hybride non rechargeable régulièrement assuré. La demande s’effectue exclusivement en ligne via le portail officiel impots.gouv.fr, où un téléservice dédié reste ouvert jusqu’au 30 septembre inclus.
Qui a droit à ces 100 € ?
Le ciblage repose sur deux grands critères : le niveau de revenu et la distance parcourue pour le travail. Le revenu fiscal de référence 2024 ne doit pas dépasser 16 880 € par part de foyer, ce qui limite l’aide aux actifs modestes, particulièrement nombreux dans les métiers de proximité et du soin à domicile.
Sur le plan des déplacements, il faut soit parcourir plus de 15 km par trajet domicile‑travail (soit 30 km aller‑retour), soit atteindre au moins 8 000 km par an pour des déplacements à caractère professionnel, ce qui inclut les professions mobiles : infirmiers libéraux, aides‑soignants, aides à domicile et auxiliaires de vie souvent amenés à enchaîner les visites au domicile des personnes âgées ou malades.
Selon les chiffres avancés par le gouvernement, environ trois millions d’automobilistes rempliraient ces conditions. Pourtant, moins de la moitié auraient déposé une demande à ce jour, preuve que le dispositif reste encore insuffisamment connu, ou jugé trop complexe pour un gain limité dans un contexte d’inflation généralisée des coûts de transport.
Aides sectorielles reconduites, transporteurs exclus
Parallèlement à cette prolongation, les aides ciblées pour les secteurs les plus exposés à la hausse des carburants – notamment agriculteurs, pêcheurs et BTP – sont reconduites pour les mois de septembre et octobre. Le gouvernement a toutefois annoncé que les transporteurs routiers ne seraient plus concernés, ce qui ravive les tensions dans une profession déjà fragilisée par la hausse des prix et la concurrence.
Pour les acteurs du maintien à domicile, ce choix interroge le ciblage des soutiens publics. Les auxiliaires de vie, aides à domicile et structures qui les emploient sont parmi les « grands rouleurs » les plus dépendants de leur véhicule pour assurer la continuité des services auprès des personnes âgées et handicapées, souvent éloignées des centres urbains. La reconduction du chèque carburant va dans le sens de la défense du maintien à domicile, mais son montant et son caractère ponctuel restent modestes au regard des kilomètres parcourus chaque année.
Alors que le débat sur le pouvoir d’achat et la transition écologique s’intensifie, la question demeure : comment mieux soutenir, de façon pérenne, ces professionnels de terrain dont la mobilité est au cœur de la qualité de vie des bénéficiaires, et qui permettent à des milliers de personnes de rester chez elles plutôt qu’en établissement ?